Derrière la fenêtre aux barreaux de neige

Feuilles de bambou - Epoque Yuan - Musée Guimet




Derrière la fenêtre aux barreaux de neige
je ne sais plus comment parler de la vie
elle vient de me rester dans les mains


le cœur
c’est la main qui le dira
sur le parvis de Lansola


C’est une prière à la fin
descendre à l’ombre de soi-même
tu as la mort dans les yeux
dans la geôle incertaine
un périmètre de sécurité
le désir

(ne prends pas froid)

danse sur la branche de lilas
à peine recouverte par la rosée

je me déplace à l'ondée souvenir
je suis de tous ces voyages
je suis de l'histoire du monde
un peu
un peu pour dire
que je suis
de tous les rivages
de tous les abandons
de toutes les dimensions

je suis du majeur au delta
la chair de l'église
le pendant des cieux

éphémère douleur
être seul au monde


cueille chaque jour la rivière
comme une feuille
entre deux uni-
vers celle qui se voile
pour que l’autre se dise


donne ta main au jour qui se lève
sur le parvis de Lansola

Seule la main qui efface peut écrire la chose vraie Maitre Eckhart

Texte paru dans la revue Bacchanales,Numéro 48, A pleines mains en novembre 2012

Commentaires

  1. Mais quelle merveille, qu'elle émotion que ce dialogue intime entre l'amour et l'agir , qu'elle densité , c'est un chef d'œuvre, je suis en admiration!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chère Orfeenix, vous si présente depuis la création de ce blog, puis de ce premier livre édité et maintenant nous revoilà ensemble "derrière la fenêtre aux barreaux de neige..". J'en suis très touchée.

      Supprimer
  2. J'aime infiniment ce poème Brigitte,si délicat et empli de l'essentiel...

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. merci Fabienne,j'en suis très heureuse, j'aime comme toi tu le chantes aussi, le chemin de la poésie...

      Supprimer
  3. - La poésie à quoi ça sert ?
    - Mais à rien !
    Peut-être, mais sans ce rien on vivrait tellement moins bien !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. merci Jeanmi de votre passage par ici, avec la poésie
      et le rien, le moins bien, le sans ce rien...

      Supprimer

Enregistrer un commentaire