Courir après la lune


Un grand souffle ©Brigitte Maillard




Sortir de la caverne tenir les poings serrés
Sentir l’air respirer, crier de toutes ses forces
Regarder vers la mère traverser tout son corps
Grimper au bout du sein, le saisir, s’accrocher
Plonger dans ces yeux-là, émerveiller le monde
Se blottir dans la chair reconnaître la voix
Pénétrer dans l’histoire et marcher sur la terre                        
Entendre chanter le coq réveiller le soleil
Voir les couleurs danser rêver la Mer Allée
Aimer le dire aimer aimer c’est vivre

Courir après la lune s’éprendre des fantômes
Adorer tous ces dieux les pétrir dans la glaise
Laisser tomber le masque braver le minotaure
Boire le sang du guerrier chevaucher l’animal
Danser jusqu’à la vie le corps endolori
Oser n’être personne brûler de tous ses feux
Retrouver une Langue s’ouvrir à l’Inconnu
Devenir ce Colosse se bercer dans les flancs
Recevoir l’inouï exploser la connaissance
Chercher son autre chercher chercher c’est vivre

Stopper les commentaires pleurer sans s’arrêter
Vomir toute sa détresse, laisser le corps dormir
Saisir l’Amant qui passe être le roi Aimé
Revenir au pays s’abandonner au souffle
Parler à la rivière chanter avec l’oiseau
Rafraîchir la pluie faire lever le soleil
Ne plus être ce héros n’avoir rien à penser
Ne plus vivre la vie mais la vie devenir
Oublier ses espoirs s’accrocher à l’instant
Sentir son corps jaillir se créer s’épanouir
Sentir la vie sentir sentir c'est vivre


©Brigitte Maillard  Sacem
Ce texte écrit en 2008
comme un chemin de vie,
celui des infinitifs qui là, rythment la marche

Commentaires

  1. Comme elle est belle la liberté, quand surtout on ne s'attache pas à l'accessoire qui handicape notre marche!
    Je fais mien ton poème, chère Brigitte, il est comme la marche d'un soldat libre!

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. Ah Bizak, marchons, marchons:) et vive nos libertés!

      merci de ton regard toujours si chaleureux

      Supprimer
  2. C' est la condition humaine qui est peinte avec musique et intelligence, que de densité!

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. C'est toujours une joie de vous lire Orfeenix,merci de tout coeur

      Supprimer
  3. L'infinitif porte en lui le destin incontournable, la nécessité, le besoin irrépressible, merci pour ce joli texte...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. merci à vous Jeanmi d'accompagner ce travail de votre attention, belle soirée

      Supprimer

Enregistrer un commentaire